L’ennui parfait – 2

Toute petite, j’imaginais déjà mon futur comme on imagine une histoire. Ecrivain, journaliste, auteur, décoratrice d’intérieure, paysagiste, guide musée ont été les carrières que je voulais entreprendre enfant. J’ai toujours écris dans des carnets ou des journaux divers qui n’étaient destinés qu’à moi.

En grandissant, la réalité saute aux yeux. La vie n’est pas aussi simple et ces jolies possibilités de métier se sont envolées. Le coût des formations, les recherches d’emplois diverses, les cursus dits bouchés et le reste ont beaucoup joué. J’ai suivi une formation lambda, j’ai écouté les divers conseils tout en suivant mes envies, j’ai été diplômée.

Aujourd’hui, je travaille pour un magazine spécialisé à Paris. Un magazine, me direz-vous. Oui, un magazine dans lequel je n’exerce pas le métier de journaliste. Un magazine qui est pensé pour des élites. Oui, un magazine qui ne correspond pas du tout à mon univers mais qui est un très bon mensuel pour les personnes visées. Ce travail est une bonne chose, je ne suis pas au chômage sortie de mon école. J’aime beaucoup ce travail pour ce qu’il m’apporte au quotidien dans mes fonctions.

Pourtant, j’ai souvent des envies d’ailleurs. De tout reprendre à zéro. De me lancer dans une carrière où je pourrais satisfaire mes envies de créer de mes mains. Parfois, j’ai voulu tout arrêter et recommencer une formation dans la filière qui me plait vraiment avec ses inconvénients. Me lancer à la quête des jolis métiers que je souhaitais petite. Comme si l’enfant que je fus me chuchotait au coeur : Vas-y ma grande, ne me déçois pas, il est encore temps ! .

Recommencer. Ce mot est effrayant et si excitant en même temps. Recommencer un devoir a toujours signifié l’échec de mon premier jet. L’échec que je ne supporte pas beaucoup dans la vie. Alors reprendre une formation, c’est peut-être aussi devoir affronter mon échec quant à mes études. Effrayant!

Recommencer peut aussi vouloir dire enfin s’épanouir, ne plus se sentir si frustrée, ne plus devoir chercher sans cesse une satisfaction que je sais impossible dans mon travail actuel puisque je ne peux mettre à profit ma créativité. Et ça, ce serait sûrement une vraie délivrance.

J’envisage ces possibilités comme intouchables pour le moment.

Parce-que d’un, j’ai peur. De deux, il faudrait réenvisager tout mon avenir à nouveau et me confronter à ces situations de doutes qu’ont les étudiants. De trois, il faudrait bousculer mon quotidien déjà un peu bancal. Repasser par ces étapes de la vie qui sont si incertaines me terrifie. Aussi, parce que je commence tout juste à me sédentariser dans mon poste et que je veux pouvoir voir ce qu’il va m’apporter à long terme. Enfin, je veux savoir si ces aspirations ne sont pas qu’une passade ou une envie qui colle au moment.

J’envisage de chercher d’autres voies. Surtout celles de développer une activité parallèle à mon job. Je me projette encore un peu dans ce travail, peut-être aussi parce-que je veux trouver des alternatives à ce recommencement total. Je prends tous les conseils.

Avez-vous aussi ce genre de pensées folles de tout reprendre à zéro ?

@source image : Pinterest

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